Aimée, La Prof de Français à l’Accent Etranger

L’autre soir, une copine et moi buvions un coup, et je lui ai demandé comment ça se passait au collège où elle enseigne le français. 

Nous vivons en Virginie, aux Etats-Unis, mais Aimée est française et, bien sûr, ayant fait sa scolarité ailleurs qu’au seul pays au monde à ne pas exiger l’apprentissage d’une langue étrangère, parle couramment l’anglais ainsi qu’une troisième langue. 

Aimée aime l’enseignement, et ses élèves doivent l’apprécier : elle est dynamique, enjouée et gentille, et dotée d’un joli petit accent français. 

Cependant, elle avoue avoir de temps en temps des ennuis avec un parent.

« Par exemple, » me dit-elle, « le premier jour, je me suis présentée avec des diapositives qui montraient des scènes de ma vie, dont une qui me montre avec Nelson Mandela.  Un seul élève connaissait ce héros, alors je leur ai demandé de venir le lendemain avec cinq faits à son sujet.  Ils l’ont fait, on en a discuté, et j’ai préparé une petite interrogation la-dessus.

C’est là où j’ai rencontré un problème.  Après le quiz, je reçois un e-mail de la mère d’un élève, qui veut venir me voir.  Elle arrive avec un syllabus et un surligneur en main.  Quand elle m’entend parler, elle me dit, ‘Oh.  Vous avez un accent.  Pourquoi ?’  Je lui explique que l’anglais est ma deuxième langue.

Elle me montre le quiz de son fils, marqué avec un F parce qu’il n’avait pas su les réponses. 

‘J’ai regardé le syllabus,’ me dit-elle, ‘mais je n’ai pas vu Nelson Mandela.  Mon fils n’est pas censé apprendre cela.’ 

Alors, je lui ai expliqué qu’il s’agissait d’une connaissance générale, et que la note n’est pas ce qu’il y a de plus importante.  La note indique ce qu’il lui reste à apprendre, c’est tout.  Le « F » en question est une bonne chose, finalement, parce qu’il n’oubliera jamais Nelson Mandela. Il aura appris quelque chose. »

Ma copine à mis pas mal de temps à rassurer cette mère au sujet de son fils. 

Il paraît que pour chaque élève en septième, elle aura au moins un élève adulte à enseigner.

Aimée, the French Teacher with the un-American Accent

Over a bite to eat, I asked a French-teacher friend how things are going in her new middle school classroom. 

Aimée is French, and of course, having been raised outside of the only country in the world not to have a national foreign language requirement, she speaks English fluently, along with a third language. 

She loves teaching, and her students must love her:  she is vivacious and empathetic, and has a charming French accent.  In Americanizing her name, she pronounces it “Emm-mie,” holding the “m” in a nice warm hug before letting it go. 

She does admit to having the occasional recalcitrant parent, however. 

“For example,” she says, her black eyes sparkling with the memory, “On the first day, I introduced myself and gave a slideshow.  One of the pictures showed me with Nelson Mandela, but only one of the students knew who he was.

I thought this was a good learning opportunity, and asked the students to come back the next day with five facts about Nelson Mandela.  They did, we discussed them, and then I made a multiple-choice quiz using all of the information they had shared. 

Here is where I ran into a problem.  One student did not do so well, and his mother made an appointment to meet with me.

She came into my office with a copy of the syllabus, which she had highlighted.  But first we introduced ourselves. 

‘You have an accent,’ she said to me.  ‘Why is that?’ I explained that English is my second language. 

Then she showed me her son’s quiz, on which he had received an F because he did not know any of the answers.

‘I looked at the curriculum,’ she said, ‘but I don’t see Nelson Mandela on here.  I am concerned that my son is not supposed to be learning about this.’

I told her about my slideshow and explained why we had discussed Mandela.  Then I tried to help her understand my teaching philosophy. ‘The grade is not what really matters,’ I told her.  A low grade just indicates what you still have to learn.  And in fact, this F is a good thing for your son, because now he will never forget who Nelson Mandela is.  You see, he will have really learned something.’”

My friend spent a long time reassuring the mother about her son.  It looks as though, for every 6th grader in her class, she may have an adult student to educate, as well.